Déjà neuf mois que tu es en sécurité. Alors la barrière de chair et de sang qui te protège du monde décide de t'expulser. On t'arrache à la seule chose qui ne t'aimera jamais comme personne d'autre, la seule chose qui te comprendra vraiment et finalement tu la détestera quand même un peu. Tu ne sens rien. Tes yeux t'offrent une toute première vue sur le monde, sur la lumière. L'odeur macabre de la vie te monte au cerveau. C'est à ce moment là que j'ai une pensée pour toi. Ton enfer ne fait que commencer. Mais tu n'y es pour rien...Arrivé à tes trois ans ,toujours aussi innocent. C'est long trois ans. Ah oui, l'âge où tu rentres dans la vie en communauté si on peut dire. La maternelle ! Les adultes sont en extase devant tes ½uvres d'art : Oh c'est Miiiignoooon ! T'as franchement envie de leur dire à ce moment là : Mais il est con celui là ou quoi ? Trois ans, t'imagines une seconde ce qu'on peut penser à trois ans ? Essayer de découvrir le monde alors que, putain, t'as toute ta vie pour t'en plaindre du monde. Mais à trois ans tu ne pense qu'à jouer avec les légos, qu'a pisser à côté de ta couche. C'est le bel âge trois ans... Puis vient les six ans. T'es fier de rentrer dans la classe des grands. Tu marches droit dans la cour, le cartable batman sur le dos (ou derrière toi avec ces putain de roulettes qui font un bruit de malade sur le goudron ou qui veulent pas avancer sur le gravier). Et tu regardes les filles, mais tu trouves qu'une fille c'est nul à six ans. Elles sont pas belles, elles sont nulles à jouer avec les barbies, c'est mieux le foot. A six ans tu aimes le sport, du moins tu commences à en pratiquer. Tu rigoles comme un con, mais bon... tu vas rigoler toute ta vie comme un con. Ah tu aimes bien te disputer avec les garçons de ton âge et faire chier les plus grand. T'aime bien te jeter dans le escaliers et dire que c'est ton copainqui t'a poussé. Petit con va ! Tu aimes pas l'école. De toute façon t'aimeras jamais l'école... Et maintenant le CM2. Le CM2 ! Tu es dans la plus grande classe de l'école primaire. C'est trop la class mec ;) Ah tu les aimes bien là les filles. C'est simple l'amour quand t'as 1O ans. Tu vas voir un pote, tu lui dis que tu aimes une fille, il va la voir, il lui dit : est-ce que t'aime Grégory ? C'est Miiiignoooon ! Alors elle vient te voir, tu lui fais un bisou sur la joue, tu lui tiens la main dans le rang, et tu lui brises le c½ur. Oui, une fille à 1O ans ça commence déjà à croire au prince charmant. C'est con une fille...T'as pas le temps de t'en rendre compte mais tu t'apprêtes à passer le seuil du portail du collège. Tu te sens petit et bien minable tout à coup. Puis tu vois les autres, ils ont la class, ils sont beau, ils embrassent des filles sur la bouche. Tu sais pas trop où te mettre alors tu te caches avec tes potes, puis une semaine après tu fais l'foufou dans la cours. Mais c'est plus très marrant de jouer à trappe trappe dans la cour du collège... Tu te prends légèrement la honte. C'est important la sixième. Tu changes complètement d'environnement, de position hiérarchique, ta démarche, ton style (ouais tu vas passer de la tectonique au mode rockeur gotique pour finir skateur alors que tu sais même pas en faire), ta façon de penser, tes réactions changent. T'es à fond. Tu te dis que t'es le plus beau et tu te mets au niveau des 3e . Moi je te le dis, arrête de trop rêver. Puis vient la 3e . Alors là c'est sur t'as tout vécu. Tu regardes les 6e passer, tu te demandes si t'étais comme eux... Ben... ouais. Et puis niveau filles, t'as tout tester. Là c'est l'année où tu passes ton premier examen. C'est quelque chose le brevet. Mais comme toujours tu vas t'y prendre au dernier moment. Puis il y a les expériences plus personnelles pour certains. Tes potes t'en parlent, ils ont perdu leur liberté. Et toi t'es là et tu te demandes si t'es pas un peu en retard de n'avoir toujours pas passé le cap. Et puis non, tu t'en fou, après tout t'as encore le temps, t'es beau et jeune. Et là tu rencontres LA fille. Celle qui te fais tourner la tête, celle qui ne te regardes jamais, celle pour qui tes pensées sont tournées, celle que tu veux enlacer, embrasser. Bref, t'es amoureux mec. Et puis le temps passe, et tu décides de lui demander. C'est beau l'amour à quinze ans. Seulement tu ne la connais pas. Elle te brise le c½ur pour son voisin de biologie. Alors tu te promets de ne plus jamais aimer personne, tu te mets à haïr les femmes, et tu te dis que la vie t'apprend que rien n'est comme dans les contes finalement... Tu plonges alors dans la dure réalité. Tu vois le monde sous son vrai jour. Le brevet tu t'en fiche car aprés tout il ne sert qu'a faire joli. Et la on te demande de choisir ton avenir. T'es comme un con tu comprends pas trop. Tu vois pas en quoi une orientation de merde dans un lycée de merde t'apportera quelque chose dans ta vie Mais aprés avoir réfféchit tu marque quelque chose sur la feuille colorée que la CP2 te refourgue. Et la t'as pas finis d'en baver. Quand tu signes cette feuille c'est comme si tu signais ton arret de mort voire un pacte avec le diable. T'as 16 ans, tu déboules malgré toi dans un big lycée. T'as un peu peurs t'es plus le rois ni le plus grand. Plus t'apprendra qu'au lycée y'a plus de roi, personne n'en a rien a fiche de ta poire ! Tu rencontres des gens sans vraiment les aimer. Ils se prennent tous pour des intellos. Tu te rends compte que le plus important pour ces tetes d'ampoules c'est d'etre le meilleur. Toi perso tu galeres grave avec tes douze de moyenne. Tu t'ennuie en cours de math et tu lis des bouquins phylosophiques. Quoi qu'il en soit meme avec des amis géniaux tu te sens seul. La le mal de l'amour va te prendre a la gorge. Tu regardes les gens et ça te dégoute. Tu te demande quand viendra ton tour et t'attends comme un con. Mais ça vient pas .. ça vient pas. Les gens autour de toi te dises que c'est a toi de provoquer ta chance. C'est mignon mais au fond tu vois pas ce que ça signifie. C'est a ce moment la que je repense a toi . Petit lycéen perdu. Je te dis Bonne chance et a la revoyure ....
A suivre...